La compagnie Marseille-Fret est née à Marseille au début des années 1950
plusieurs décennies intenses et riches en événements ont fait de Marseille-Fret, puis de Marfret à partir de 1987, une compagnie maritime particulière, une PME présente sur une dizaine de lignes maritimes dans le monde.
La vie de la compagnie s’insère dans une période qui a connu de grands changements technologiques :
C’est en 1951 que Claude Vidil et Pierre Giraud, décident de créer leur compagnie maritime, Marseille-Fret. Ils affrètent pour débuter un 3 mats goélette pêcheur d’Islande, destiné à la démolition, le "Douce France". Ce dernier transporte entre Marseille, l’Algérie et la Tunisie, avec un retour par la Corse, des marchandises telles que tuiles, bombonnes de gaz, liège, sacs de ciment etc. Les deux entrepreneurs achètent rapidement leurs premiers navires : le "Côte des Légendes" en 1955, le "Ville de Saint-Pierre" en 1956 et le "Douce France II" en 1960 pour faire du tramping en Méditerranée, acceptant toutes les cargaisons peu compatibles avec les compagnies de ligne régulière.
Le début des années 1960 est indissociable de la décolonisation et de son corollaire dans le domaine maritime, la constitution de flottes d’état en Afrique du nord. Des Conférences bilatérales se mettent en place, répartissant le transport du commerce extérieur entre les pavillons français et pavillon national suivant un système peu favorable aux jeunes entrepreneurs en général et à Marseille-Fret en particulier, basé sur les chargements réalisés dans le passé.
La période est de ce fait difficile. Recherchant de nouveaux horizons, les dirigeants créent un service vers la Libye et développent leur réseau commercial, avec l'ouverture d'agences à Paris, Rouen et Dunkerque. Pour permettre ce développement, la compagnie complète sa flotte : le "Saumaty" et le "Tamaris" en 1973, le "Rove" en 1975 et le "Méjean III" en 1977.
Cette période s'achève par un événement marquant dans la vie de l'entreprise : en octobre 1979, le gouvernement libyen saisit le flag-ship de la compagnie, le "Rove", alors à quai à Benghazi. Pour Marseille-fret, l’avenir en Méditerranée semble alors fortement compromis.
Au début des années 80, Marseille-Fret se lance dans le service de ligne régulière. Répondant à la demande du Port autonome de Rouen, la compagnie se lance dans l'exploitation de la ligne Rouen-Antilles en conteneurs. Après des débuts difficiles, les résultats de la ligne progressent et d’autres lignes sont ouvertes. Ainsi, en 1984, une ligne à destination du Canada s’ouvre.
En 1987, les activités sont séparées :
Marfret continue à étendre l'offre de services sur d’autres océans. Dès 1987, une ligne est créée en sortie de Méditerranée sur le Venezuela, la Colombie et les îles Caraïbes. De nouveaux navires sont acquis afin de renforcer la position de la compagnie parmi les armateurs :
A compter du milieu des années 1990, débute la période "d’épanouissement" de la compagnie.Marfret choisit la voie de l’alliance en se rapprochant de ses concurrents (CMA-CGM, Sudcargos, Maersk, Contship etc.) afin d’essayer de bâtir des solutions de service commun où les avantages sont multiples : économies d'échelle supplémentaires grâce à l'exploitation de navires plus gros, amélioration de la fréquence des services…
L’entreprise multiplie alors les ouvertures de lignes régulières tout en confortant l'offre déjà existante : Marseille / Algérie-Tunisie, Europe du Nord / Guyane-Nord Brésil, Europe du Nord / Canada, Europe du Nord / Antilles Françaises, Tour du Monde, Europe du Nord / Colombie, M éditerranée / Caraïbes, Irlande (Le Havre / Waterford).
Marfret est désormais présent sur tous les continents grâce à son réseau d'agents répartis dans 35 pays et 5 départements et territoires d'outre-mer.
L’entreprise acquiert en 1996 un nouveau navire, le "Providence" exploité aujourd’hui sur le service Méditerranée / Caraïbes.
Après avoir développé des lignes régulières Est/Ouest, Marfret renoue avec plusieurs initiatives de lignes courtes Nord / Sud : Boulogne sur mer / Folkestone (UK), Pointe à Pitre / Fort de France grâce à son navire roulier "Neptunia", Portugal / Angola, Antilles / Guyane via Trinidad en complément de la ligne Europe du Nord / Guyane-Nord Brésil, Cherbourg / Irlande, Trinidad / Antilles Françaises, Florida Express, barge entre Rouen et Le Havre.
Le marché a connu en 2005 une amplification des phénomènes de concentration avec l'émergence de "super-armateurs" qui dominent désormais le secteur. Certaines de ces acquisitions ont eu des répercutions directes dans les alliances dans les quelles Marfret était partenaire et de nouveaux accords ont du être faits.
Néanmoins la compagnie reste toujours confiante en son avenir, et a acquis en février 2006 le navire "Ute B" rebaptisé "Marfret Méjean", navire roulier qu'elle affrétait déjà sur la ligne Algérie. 2 autres navires seront livrés en 2007 : un navire 2600 teus et un navire de 1700 teus en cours de construction.
Elle a également ouvert des établissements secondaires au Havre (2003), en Guyane Française (2005), Paris, Etats-Unis et Algérie (2006).
L'avenir semble donc sourire à cette compagnie qui continue à sillonner les océans à travers le monde, à l'ombre des géants des mers.