Une stratégie d’expansion confortée en 2023

La nouvelle année débute avec l’espoir toujours nourri d’un avenir meilleur. Une année forcément ponctuée par son lot d’événements inattendus. Grèves dans les ports, Covid, guerres, crise énergétique et maintenant une inflation galopante aggravant le déséquilibre de la balance commerciale française… 

Depuis trois ans, les changements s’accélèrent et nous devons apprendre à vivre avec, à nous adapter. Les cycles maritimes sont devenus erratiques rendant complexe voire hasardeux tout exercice de prévision. Pour autant, Marfret a su saisir l’opportunité de ces profondes mutations pour se transformer en amenant ses équipes vers la digitalisation et en nouant de fructueuses collaborations.

Ainsi, au cours des trois dernières années, nous avons engagé un vrai travail de fond au sein de la direction des systèmes d’information pour basculer vers une offre de services reposant sur des plateformes en mode SaaS. Le Software as a Service constitue une réponse résiliente, sécurisée dans un contexte accru des cyber menaces. Nos équipes, délestées de certaines tâches chronophages et répétitives, sont ainsi mobilisées pour vous offrir des solutions de transport personnalisées avec davantage de valeur ajoutée. Le e-booking sera déployé au cours du premier trimestre 2023 auprès de notre clientèle qui pourra accéder à cette option complémentaire de réservation de fret 24/24 et 7/7. L’objectif est de s’adapter à vos contraintes tout en maintenant les atouts qui font la force de Marfret : des équipes disponibles pour lesquelles la proximité clients et la garantie d’un service personnalisé sont des priorités.  Je tiens d’ailleurs à saluer le travail de nos équipes qui œuvrent au quotidien, dans toutes nos agences, pour répondre à vos besoins de transport.

Dans un contexte mouvant, nous avons réussi le pari d’élargir le réseau Marfret vers de nouveaux horizons avec l’ouverture du service MPV – MultiPurpose Vessel, entre l’Europe du Nord, la Guyane et les Antilles – et tout récemment celle du service IEX, Italie-Egypte Express.

Nous renforçons par ailleurs nos positions sur la zone Antilles en mettant à disposition une allocation plus importante, compensant le départ de l’opérateur Maersk. Marfret demeure fidèle à cette desserte historique malgré la perte d’attractivité du marché antillais, sur lequel l’Etat demande beaucoup d’efforts au transport maritime sans toutefois constater un allégement du portefeuille des ménages antillais.

Marseille, berceau de l’entreprise, reste la ville de cœur de la compagnie en dépit de la surprenante prise de position à l’été 2022 de son maire qui a stigmatisé l’activité maritime en lançant une pétition pour dénoncer la pollution générée par les navires. Les armateurs français, majoritairement basés à Marseille, sont pourtant les premiers préoccupés par les conséquences du changement climatique et n’ont pas attendu l’entrée en vigueur de nouvelles réglementations pour mettre en œuvre les innovations technologiques nécessaires pour relever les défis de la transition écologique. Nous saluons la décision de l’Organisation Maritime Internationale qui, lors du 79ème comité de protection du milieu marin de décembre 2022, a approuvé la création au 1ermai 2025 d’une zone de contrôle des émissions d’oxydes de soufre et de particules (zone SECA) couvrant l’ensemble de la mer Méditerranée.

Continuons en 2023 à naviguer ensemble sur des mers et des océans que nous espérons apaisés. A nos navigants Ukrainiens, face à l’adversité de la guerre, j’adresse mes vœux de soutien et de paix.  

Collaborateurs, partenaires, clients, fournisseurs, je vous souhaite, à vous et à votre famille, une très belle année.

Guillaume Vidil

Le service MPV s’ancre dans la durée

Deux ans après son lancement, le « Multipurpose Vessel Service » (MPV) de Marfret ne cesse de gagner des galons auprès des chargeurs avec son offre de transport roulant favorisant des chargements sur-mesure entre la métropole, la Guyane et les Antilles.

Marfret en mars 2020 osait braver l’inconnu, les arrêts de production et la désorganisation des chaînes d’approvisionnements mondiales pour offrir aux chargeurs guyanais et antillais un service roulier direct en sortie du Havre et d’Anvers en 42 jours. Deux ans plus tard, le « Multipurpose Vessel service » atteint sa vitesse de croisière et atteint un équilibre financier lui permettant de se pérenniser.

Seulement un an après les premières rotations, Marfret innovait sur la ligne en équipant le navire Marfret Niolon de turbo voiles en aluminium destinées à réduire sa consommation de carburant.

Un challenge important mais soutenu par les clients soucieux du verdissement des flottes de commerce afin de décarboner l’ensemble de la chaîne logistique.  « Nous avons remporté l’adhésion de l’équipage pour gérer cet équipement supplémentaire. Grâce aux voiles, le Marfret Niolon bénéficie d’un apport de vitesse de 10 à 15% », se félicite Guillaume Vidil, directeur général de Marfret. Et 10 à 15%, c’est autant de carburant qui ne sera pas consommé pendant la traversée !

Son audace, sa prise de risque pour réduire l’empreinte environnementale du service ont été couronnées en novembre 2022 par la remise du trophée de la Charte Bleue d’Armateurs de France.  « Ce prix décerné par un jury composé de nos confrères armateurs nous conforte et légitime notre démarche. Le service MPV est à la fois un succès opérationnel et une réussite en matière d’engagement dans la transition énergétique », souligne Guillaume Vidil.

Innover pour réduite son empreinte énergétique

Une récompense incitant Marfret à aller de l’avant dans sa transition énergétique : « nous allons remplacer un prototype de voile par une deuxième unité neuve et nous sommes en train d’examiner de nouvelles solutions hybrides aux côtés du navigateur Xavier Macaire », annonce Guillaume Vidil. Quoi de mieux, en effet, d’associer l’innovation développée par des marins, des skippers champions ? Sponsor de Xavier Macaire, Marfret rapatrie actuellement vers la métropole le Class40 avec lequel le navigateur a franchi la ligne d’arrivée de la 12ème édition de la Route du Rhum en Guadeloupe en novembre dernier. De cette passion commune de la mer et de l’envie de contribuer à réduire l’empreinte énergétique, de nouveaux liens pourraient fort bien se tisser entre la flotte de commerce et les champions de la navigation à la voile.  Le Marfret Niolon transporte toutes sortes de marchandises conventionnelles : du voilier de Xavier Macaire à la vedette de la Gendarmerie maritime (image d’illustration) en passant par les engins TP et les tracteurs, sans rupture de charge.  

Trois questions à Guillaume Vidil, directeur général de Marfret

Vous avez pris la direction générale de Marfret mi-2019, un vrai baptême du feu avec les événements qui ont suivi. Comment avez-vous vécu ces trois années ?

J’ai embarqué pour une aventure maritime avec les grèves dans les ports français dès la fin 2019, puis la pandémie, la guerre en Ukraine et le défi simultané d’initier notre transition énergétique. C’est par forte houle que l’on teste la solidité, la résistance d’un navire. Marfret a non seulement su garder le cap sur ses lignes existantes mais s’est aussi ouvert de nouveaux horizons avec le lancement du « Multipurpose Vessel Service », service conventionnel qui connecte le Havre et Anvers à la Guyane et aux Antilles, puis  la création d’une ligne entre l’Égypte et l’Italie. Ces nouvelles lignes démontrent que Marfret favorise les actes aux discours et expérimente de façon itérative aussi bien dans les nouvelles technologies à bord de nos navires que dans la transformation digitale de notre système de réservation.

En 2022, vous avez été lauréat du prix Choiseul pour la deuxième année consécutive, qui consacre les 100 personnalités du monde économique en France et vous avez également pris la présidence du Comité marseillais des Armateurs de France (CMAF).  Quels sont vos défis ?

Marseille est une place portuaire dynamique, alignée sur des sujets communs au premier rang desquels la pollution atmosphérique. La tenue de la deuxième édition du Blue Maritime Summit en octobre 2022 démontre l’engagement fort des armateurs à devancer les règles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons, en ce sens, signé trois accords avec les armateurs de croisières, le Pôle mer Méditerranée et Atmosud pour avoir une base de données, échanger en toute transparence et multiplier les actions vertueuses. La présence du secrétaire d’État chargé de la mer Hervé Berville était importante dans un contexte où le maire de Marseille, en lançant la pétition contre les navires, a soulevé les habitants contre le port.  Une situation sans précédent qui a blessé le monde armatorial. Un autre combat porte sur la promotion de l’École Nationale Supérieure Maritime, le CMAF a d’ailleurs prévu de réunir un budget pour promouvoir les carrières de marins.     

Bernard et Raymond Vidil ont pris du recul dans la gestion quotidienne de la compagnie. Quelle est la nouvelle répartition des rôles ?

La période de transition semble désormais achevée. Certes, Bernard et Raymond Vidil se sont détachés des fonctions opérationnelles, du quotidien, mais ils conservent un rôle stratégique de premier plan. En président et siégeant au conseil de surveillance de Marfret, ils livrent leur vision, fixent le cap. Détachés du quotidien, ils ont libéré du temps pour se consacrer aux transactions de la flotte et également faire connaître nos positions auprès des institutions et administrations.